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                  Le nom de La Houssaye est d'origine franque. Il est composé du mot "Huls" qui signifie "houx" et du suffixe "eta" qui désigne une plantation de tels arbres. Hulseta devient "Hulsea" puis "Hussea" et "Hosseia", nom que l'on retrouve le plus souvent dans les documents anciens (comme le pouillé parisien du XIII° siècle). Mais on y trouve également "La Orsoie" (vers 1201- Arch.Nat.), "Domus de Husseia" (1223 - Document du Trésor), "La Hoursoiee" (1249 - Rôles des fiefs), "Houssoya" (1341 - Arch.Nat.), etc..
                Le territoire de La Houssaye ne dut être habité, avant l'époque féodale, que d'une manière accidentelle. Aucune découverte, que nous sachions, n'y a révélé l'existence d'une station Gallo-romaine. On ne retrouve non plus aucune trace de voie ou de constructions romaines. Cependant, il a été trouvé deux spécimens d'armes en pierre qui, probablement,  sont  d'origine régionale. L'un de ces spécimens est un fragment d'une hache en silex poli ramassé sur un chemin près de la voie ferrée, l'autre est une hache en silex taillé parfaitement conservée et trouvée dans une fissure d'une masure. Mais ces rares vestiges de l'âge de pierre n'indiquent pas que le territoire de La Houssaye ait été habité d'une façon permanente à l'époque celtique.
                  On pouvait encore remarquer vers 1880, au lieu dit "Le Bois de Galande" , l'emplacement d'un chateau féodal complètement détruit et rasé. Les seuls vestiges d'une ancienne construction étaient des fossés limitant une enceinte rectangulaire. Ce chateau, le Château des Bossus, appartenait à une ancienne famille, celle de Garlande.
Les traces des fossés de la ville ont aujourd'hui disparu. On ne pouvait en trouver que quelques indices (fondations de murailles et emplacement de deux petites tours). Seuls les noms des trois portes d'accès de ce village fermé nous sont parvenus: La porte Bridou au nord, la porte de Lormet au sud et la porte Mitrée à l'est, dont une rue nouvellement tracée porte le nom. La grille du château, à l'ouest, aurait été la quatrième porte, dite Porte de Tournan.  
                        Pour le reste, voici en quelques dates,  la partie connue de "la Grande Histoire" de La Houssaye, recueillie en grande partie dans les documents consultés aux Archives Départementales et Nationales. Nous n'avons trouvé que très peu de renseignements fiables pour la période précédant le 12ème siècle. Notre historique commencera donc en l'An 1140.
1140 - Guy de Garlande est seigneur de La Houssaye. Il meurt en 1190. Son fils Anseau 1° lui succède jusqu'à sa mort, en 1197, laissant son        héritage à Anseau 2. Lui-même décède vers l'an 1200, laissant pour unique héritier son fils Anseau 3.
1217 - Anseau 3 et son grand oncle Jean de Garlande, qui parait revendiquer la terre de  La Houssaye, sont en désacord. D'où litige qui dure de longues années et se termine  par un accord d'engagement, ou reprise. Il apparait que Anseau 3 est le véritable seigneur de La Houssaye et que Jean de Garlande n'en a que l'apanage.
1223 - Mort de Jean de Garlande. Son fils Erard détient La Houssaye, également  à titre précaire.
1260 - C'est vers 1260  que Anseau 4, fils de Anseau 3, excerce la reprise convenue entre Jean de Garlande  et Anseau 3, et qu'il devient réellement seigneur de La Houssaye.
1287 - Anseau 4 meurt sans descendance. Son neveu Jean 3 de Garlande hérite de ses biens.
1300 - Vers 1300, la terre de Garlande parait avoir été partagée en deux parties, qui auraient été portées toutes deux par mariage : l'une dans la famille des MONTMORENCY, l'autre dans la famille des LECOQ. Les archives consultées ne nous permettent pas d'être plus précis. C'est également probablement à cette époque que le château de La Houssaye sort de terre, transformé et remanié ensuite par les seigneurs  successifs tout au long des  siècles.

BRANCHE DES MONTMORENCY

1320 - Une héritière de la terre de La Houssaye, Jeanne de Changy, aurait épousé, vers 1320 , Bouchard 3 de Montmorency, grand pannetier de France et grand maître des eaux et forêts du royaume, Seigneur de Saint Leu et de Deuil.
1341 - Jean, fils ainé de Bouchard 3 mort en 1340, succède à son père. Il meurt sans enfant  en 1379, et c'est son frère Guillaume de Montmorency qui hérite de la  Seigneurie.
1385 - Mort de Guillaume de Montmorency laissant un fils, Jean 2 et deux filles, Jeanne et Denyse. Son fils hérite à son tour de la Seigneurie. Mort également sans descendance, la branche des Montmorency Nangis s'éteignait.
1417 - Pourtant, deux actes établis le 26 juillet établissent que sa soeur, Jeanne de Montmorency, "Dame de La Houssaye" en possède la terre. Puis elle dut passer ensuite à Denyse car il en est parlé dans un registre du parlement de 1449.
1450 - Celle-ci a du s'en défaire très rapidement car, en 1540, on trouve un Jehan Bureau, Trésorier de France sous Charles 7 et possesseur de la Seigneurie de La Houssaye, dont le siège est La Blanchardière, château aujourd'hui disparu.
1463 - Jehan Bureau meurt le 5 juillet. Son fils, Simon Bureau, Maitre des comptes, succède à son père. N'ayant pas d'enfant,  il fait donation,  de son  vivant, de la seigneurie de La Houssaye à Merry  Bureau, un de ses collatéraux.
1496 - Décès de Simon Bureau. La seigneurie passe à Mérry Bureau qui la tient jusqu'à sa mort, le 28 Décembre 1531.
1532  - Antoine Bureau, fils de Mérry, référendaire de la chancellerie royale, aurait dit-on, succédé à son père. Mais il semble que ce soit faux. En effet, Méry Bureau avait vendu ses seigneuries de La Houssaye et de Marles le 27 Février 1522 à Gérard Lecoq, Seigeur pour l'autre partie de La Houssaye.

BRANCHE DES LECOQ

1366 - Jean Lecoq, filleul du Roi Jean le Bon et conseiller au Parlement de Paris, est celui par lequel elle commence. Peu de renseignements sur cette branche. La succession de la deuxième partie de la seigneurie de La Houssaye dans cette famille est continue pendant plus d'un siècle.
1500 - On trouve une Catherine Lecoq, héritière de cette terre, mariée à Jean de la Haye, Seigneur de Vaujour et  d'Egray. Quelques années aprés, Gérard Lecoq, conseiller au  parlement en est dit seigneur.
1522 -
 Comme nous l'avons vu précédemment, Gérard Lecoq acquière l'autre partie de la seigneurie de La Houssaye auprès de Méry Bureau. En 1531, il obtient du Roi François Premier l'autorisation d'établir deux foires à La Houssaye - une le 3 février pour la Saint Blaise, l'autre, le 9 mai, pour la Saint Nicolas - ainsi qu'un marché chaque vendredi. Gérard Lecoq décède en 1540, laissant 5 enfants : Antoine, l'aîné, qui deviendra à son tour Conseiller au Parlement de Paris, Jean, Christophe, Catherine (qui épousera Jean de la Haye) et Estiennette. 
1540 - Le 11 décembre, donnation est faite par sa veuve à son fils aîné, Antoine Lecoq, de la moitié de la Seigneurie de La Houssaye, Marles et autres. Très peu de renseignement sur Antoine Lecoq. On peut supposer qu'il s'en défait très rapidement, peut-être à Jean Lhuillier, seigneur de Boullencourt et de Presles, mais les documents font défaut pour être plus  précis.
Le 20 janvier, elle vend l'autre moitié des seigneuries à son gendre Jehan de la Haye, époux de Catherine Lecoq.
1560 - Jean de Monceaux épouse Jeanne de la Haye, fille de Jean de la Haye et de Catherine Lecoq. Il devient pour  partie seigneur de La Houssaye. Peu de temps après, il se porte acquéreur de la deuxième partie de La houssaye (auprès de Jean Lhuillier ?) La seigneurie est à présent réunie et appartient en totalité à la  famille  Monceaux.
1593 - Décès de Jean de Monceaux. Son fils Claude de Monceaux, Chevalier, Gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, lui succède.
1619 - Les 11 juillet et 25 août, vente de la seigneurie à un parent, François de Monceaux, Vice Amiral en Normandie, Gouverneur de la Ville, Chateau et Citadelle de Dieppe.
1648 - On ignore la façon dont la seigneurie a quitté la famille de Monceaux. Un contrat d'acquisition de terre est passé le 12 juillet 1648 par une demoiselle Catherine Lenormant de Beaumont en qualité de tutrice de Messire Nicolas Lenormant, Chevalier, Seigneur de Beaumont, La Houssaye, Marles et autres lieux. Celui-ci meurt en 1685.
1685 - Le 17 Mars, acquisition de la seigneurie de La Houssaye par Pierre de Lannion, Baron et Pair de Bretagne, Commandant la Noblesse,  Maréchal de Camp. Le 6 Juillet 1685, le Marquis et la Marquise de Lannion  font  leur entrée à l'église du village.
1719 - Partage de terres de La Houssaye et Marles entre les héritiers de Pierre de Lannion: Anne de Bretagne de  Lannion, l'ainé,  qui aura la seigneurie; Jean-Baptiste Joseph de Lannion; François Hyacinthe Vicomte  de Lannion; Charles Félix Hyacinthe de Gallians de Castellane de Castelet.
1722 - Le 9 Décembre, Anne de Bretagne de Lannion vend la terre et la seigneurie de La Houssaye à Jean Baptiste Johanne de la Carre, chevalier, marquis de Saumery.
1739 - Louis de Coëtlogon chevalier, comte de Coëtlogon, vicomte de Loyat, époux de Marie-Madeleine de Johannes de la Carre de Saumery (fille de Jean-Baptiste) porte le titre de Seigneur de La Houssaye.
1760 - Le 14 juin, la Comtesse de Coëtlogon vend terre et seigneurie à Louis Joseph Plumard de Dangeul, chevalier, gentilhomme ordinaire du Roi, Maitre ordinaire en sa Chambre des comptes, pour la somme de 365 000 livres.
1777 - Décès de Louis Plumard de Dangeul le 3 novembre 1777. Le 10 décembre, Antoine Louis Bellanger fait apposer les scellés sur le château de La Houssaye. Sa femme, Marie Françoise Plumard de Dangeul était l'unique héritière de Louis Plumard de Dangeul.
1781 - Le 7 mars, Antoine Louis Bellanger et sa femme réalisent l'héritage (450 000 livres) par une vente à Messire Estienne Pascal Gigault de Crisenoiy, écuyer, Secrétaire du Roi. A son décès, il laisse la seigneurie de La Houssaye à son fils, Charles Catherine Gigault de Crisenoy de Rozelle.
1793 - Pendant la Terreur, la famille Gigault de Crisenoy réside au chateau de La Houssaye. Achille Etienne  Marie Gigault de Crisenoy, le frêre et héritier de Charles, continue baux et transactions. Ses biens n'ont pas été confisqués. Il les augmente encore en 1799 par l'acquisition de plusieurs pièces de terre et de  pré.
1809 - Le 15 germinal an 9 (5 avril), Achille Gigault de Crisenoy vend terres et chateau à Pierre Charles François Augereau, Général en chef des Armées de la République, puis Duc de Castiglione.
1816 - Le 12 juin, décès du Maréchal Augereau. Sa femme, la Duchesse de Castiglione est son unique héritière.
1817 - Le 18 juin, la Duchesse de Castiglione vend à son tour sa terre de La Houssaye comprenant le château, l'ancien presbytère, les fermes de Sausseux, La Ruette, La Ronce, Les Bossus, les fermes de Marles, ainsi que les bois de Pavant, des Etisses, de la Croix Saint Louis, et de la Ruette ) à Alexandre  Becker, Agent du Roi du Danemark.  

1855 - Le 16 août , à la mort d'Alexandre Becker, ses deux gendres se partagèrent les fond, mais le château fut mis en vente et acheté par sa fille Marthe lucie Becker.
1871 - Le 6 mars, à son décès, il revient à son époux Félix Jules Charles Quentin de Gromard de Mimont.
1892 - Le 6 décembre, à la mort de Félix Jules Charles Quentin de Gromard de Mimont, son fils Charles Quentin de Mimont hérite du château.
1920 - Le 8 juin, Charles Quentin de Mimont vend la propriété à l'Union Forestière de Paris dont la raison sociale est "Guyot Lechien Compagnie".
1927 - La société Guyot Lechien et Cie revend la propriété à Monsieur Kirsch Catani.
1939 - Monsieur Jacques Bellanger, industriel, achète le château, ou du moins ce qui en reste. En effet, faute d'entretien au fil des ans, celui-ci était en passe de tomber en ruine. Il passe près de trente ans à le restaurer de ses mains pour lui rendre son ancien éclat.
1988 - Monsieur Baudoin fait l'aquisition du château de La Houssaye. Après plusieurs transactions avec le Conseil municipal de La Houssaye, il fait abattre les murs et permet d'agrandir la place du village pour dégager le château. Puis il le fait classer par les Monuments Historiques en 2000.

                                                                                                                      Serge Randon - Septembre 1996

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