Retour Accueil

                     L'Abbé Lebeuf, dans son Histoire du Diocèse de Paris parue en 1758,  parle ainsi de l'Eglise le La Houssaye: "L'église est construite en forme d'une grande chapelle. Le choeur qui est vouté est d'une structure d'environ l'an 1300 sous le règne de Philippe le Bel. ...  On veut dans le pays que cette chapelle ait porté originairement le nom de Saint Blaise, et que si cette Eglise regarde Saint Nicolas comme son patron, cela vient de ce que la dédicace qui lui en fut faite depuis son augmentation dans l'avant dernier siècle, fut célébrée le 9 may, jour de la translation du Saint Evêque de Myre. Cependant, l'on apprend par la permission d'en faire la Dédicace accordée à l'Evêque de Mégare le 6 May 1536, que l'Evêque de Paris lui ordonna d'en fixer l'Anniversaire au 20 de May. D'ailleurs dans des Provisions du 7 Février 1475, cette Eglise est dite du titre de Saint Nicolas.
                      Cependant, c'est une chose constante par le Pouillé Parisien du
XIII° siècle, qu'il existait au moins au commencement de ce siècle-là une Eglise Paroissiale, dite Ecclesia de Hosseia, et que c'était au Prieur de la Celle du Diocèse de Meaux à y nommer."
(1)
                     Réalisée en plusieurs étapes, il est très difficile de dater sa construction avec précision. Le choeur voûté date du début du 14 ° siècle, alors que Bouchard
III de Montmorency était seigneur de La Houssaye. Mais certains éléments du gros oeuvre semblent réellement dater de la seconde moitié du 12° siècle, comme le chapiteau à crochets de la colonne trapue à l'angle gauche du coeur, ainsi que les colonnes cylindriques, à socle carré à base fermée de deux tores comportant une griffe à chaque angle, et   dont un des chapiteaux présente un écu soutenu par deux anges, qui serait  aux armes des Montmorency. (celui-ci fut malheureusement mutilé au burin au moment de la révolution).  Nous pouvons malgré tout avancer que notre église n'est pas postérieure, dans sa presque totalité, au XIV° siècle, avec tous les remaniements qui ont suivi. (2) Nous savons qu'elle fut agrandie à la fin du XV° siècle, sous le règne de Louis XI, par Nicolas Lecoq, alors seigneur de La Houssaye,et qu'elle fut consacrée le 9 mai 1536.
                     La façade, dans laquelle s'ouvre le portail en plein cintre  entre deux contreforts (peut-être un vestige du 12° siècle), est tournée vers le château, ce qui peut laisser croire qu'elle en a été la chapelle à une certaine époque. Dans le mur de chevet, sous la baie vitrée,  une niche protégée par une grille en fer forgé portant la dédicace " Merci à la Sainte Vierge, protectrice du pays " abrite  depuis 1944 une statue en pierre d'une Vierge à l'Enfant. Due au sculpteur  Paul Simon, elle fut installée par le Révérend Père Epagneul, fondateur de la Congrégation des Frères Missionnaires des Campagnes dont la Maison mères est au Prieuré Saint Martin.  Les murs latéraux, soutenus par des contreforts en grès, n'ont rien de remarquable.
                     Le clocher carré, planté au sud et accolé à la  première travée du choeur de l'église, est lui du 16° siècle.
(4)  Construit en grès et meulière et recouvert de mortier de chaux et brique pilée, soutenu également par des contreforts à ressauts en grès,  il s'élève à  environ 24 mètres. On peut voir, sur ses quatre faces, des baies rectangulaires et en plein cintre avec abat-son. Le coq qui le domine fièrement a été mis en place en 1990 en remplacement de l'ancien, malmené par le temps. Autrefois, le rez de chaussée servait probablement de sacristie.
                     L'ancienne cloche fut installée et bénite en 1649, parrainée par Messire Nicolas Lenormant, alors seigneur de La Houssaye, et Anne Marguerite Huault, fille d'un seigneur de Bernay en Brie. Refondue en 1859 pour la somme de 814 francs 80 " non compris le démontage de l'ancienne cloche et sa conduite à la fonderie " ,somme prélevée sur la vente de l'excédant de largeur des chemins vicinaux
(5),  elle fut prénommée Antoinette et bénie par l'abbé Alexandre Honoré Mellet, alors curé de La Houssaye. Cette cloche est maintenant électrifiée grâce à la générosité de M. et Mme Bellanger, anciens propriétaires du château.
                     En 1841, la commune décide de faire l'acquisition d'une horloge pour être fixée au clocher de la paroisse. Pour cela, elle abat 42 arbres estimés à 400 francs, et Madame Becker fait un don de 600 francs. L'horloge électrique, installée en 1963, a remplacé l'horloge mécanique qui, elle, réglait la vie des paroissiens depuis 1882. "Le 21 mai 1882, le conseil municipal reconnaît que l'ancienne horloge, malgré les réparations qui y ont été faites, est hors d'état de fonctionner et ne peu plus rendre aucun service à la commune, et qu'il devient absolument nécessaire de s'en procurer une nouvelle."
(5)
                     Jusqu'en 1863, le cimetière était implanté autour de l'église, au milieu des habitations.  Le 27 juin 1852, pour des raisons de salubrité, le conseil municipal prit la décision de le déplacer dans un terrain plus approprié, en dehors du village. L'opération dura près de 10 ans et la vente des pierres extraites du terrain pour réaliser les inhumations en couvrit totalement les frais.
(5)
                     Le 6 septembre 1885, le conseil municipal décida d'acquérir et de démolir la maison des héritiers de Madame Duchâteau, située au centre du village, afin d'agrandir  le terrain de l'ancien cimetière pour en faire une place communale et dégager ainsi l'abord de l'église et en faciliter l'accès.
(5) Après une cession de terrain faite par M. de Mimont, propriétaire du château, en faveur de la commune, la place du village prend alors sa forme actuelle ... pour encore quelques mois!...
(6)
                     L'intérieur de l'église comprend une nef principale juxtaposée au choeur et au sanctuaire. Un collatéral, au nord, est prolongé par une sacristie. Séparé de la nef par un arc triomphal surmonté d'un mur, le choeur se divise en trois travées recouvertes de voûtes sur croisées d'ogives. Les clefs sont feuillées et accompagnées de deux têtes: l'une de démon, l'autre de femme couronnée. Cette construction remonte très vraisemblablement au
XIII° ou XIV° siècle.
                     La nef est composée de quatre travées couvertes d'une fausse voûte en plâtre en arc ogival, avec poutrelles et poinçons. Une seconde porte s'ouvre au Sud, dans la troisième travée. Elle est précédée d'un porche en charpente du début du siècle, et surmontée d'un arc surbaissé compris sous une moulure ogivale. Le rez de chaussée du clocher, couvert lui aussi d'une voûte d'arêtes, s'appuie sur la deuxième travée du choeur .
                     La petite chapelle, qui s'ouvre à la deuxième travée de choeur sous un arc brisé (la chapelle seigneuriale), a certainement été ajoutée au cours de la deuxième moitié du
XVI° siècle par Gérard Le Coq, alors seigneur de La Houssaye. Elle est maintenant dédiée à Saint Joseph dont on peut voir la statue à droite en entrant.  La voûte de pierre en arête a pour clef une tête de femme coiffée de bandelettes. Coïncidence,  la porte qui donne accès à cette chapelle a été ouverte en 1913 par un Monsieur Lecoq, qui n'avait apparemment aucune parenté avec Gérard Le Coq.  Le 24 Août de la même année, le conseil municipal décide que cette porte, ainsi que la chapelle ou elle donne accès, seraient à l'usage du public. (5) A droite, on peut voir une plaque commémorative à la mémoire de "Mère Thérèse, religieuse de Saint-Joseph de Cluny, directrice de l'école de La Houssaye pendant 25 ans, pieusement décédée à Meaux dans la 65° année de son âge", dont nous aurons l'occasion de reparler. A gauche, une autre plaque nous apprend que  François Antoine Caron de Beaumarchais fut un bienfaiteur des pauvres de La Houssaye, né en 1763 et mort à Paris en 1835.
                     Le collatéral comprend six travées couvertes de voûtes d'arêtes quadrifides.  Au fond se trouve la chapelle de la Vierge. Dans une niche au dessus de l'autel était, peu avant 1858, une très jolie petite statue de la Vierge portant son fils. Le curé en avait rendu l'approche impossible et la vue difficile, avant de la donner, vers 1856, aux Soeurs de la Congrégation de Saint Joseph qui avaient ouvert une école de filles à  La Houssaye, et qui la placèrent dans leur jardin. Cette oeuvre avait une réelle valeur artistique et datait du début du
XIV° siècle. La figure de la Vierge était souriante; ses longs cheveux d'or portaient une couronne réhaussée de pierreries et de beaux fleurons. De l'enfant qui jouait avec un oiseau, on ne voyait que la tête. Cette oeuvre d'art serait, à la fin du siècle dernier, devenue la propriété d'une famille possédant à La Houssaye une villégiature estivale. (7) Cette oeuvre a été remplacée par une statue de la Vierge, en plâtre et sans style. L'autel , un bloc de pierre provenant des ruines du château de Cannapeville en Normandie, a été érigé par le Révérend Père Epagneul  en 1956. A l'origine, il est probable que la sacristie n'existait pas et que le colatéral s'étendait sur toute la longueur.
(2)
                     L'éclairage du choeur est assuré, à l'Est, par deux baies en ogive surmontées d'un oeil de boeuf, daté du
XVIème siècle sur les inventaires des Monuments Historiques. Pourtant, on en trouve la description dans le volume n° 1 du "Corpus Vitréarum Medic Avei", qui le daterait du début du XIIIème siècle. Pour confirmation, j'ai trouvé une étude sur l'église Saint Nicolas de La Houssaye réalisée en 1976 par Monsieur André Vandenberghe, diplomé E.N.S.A.D. et membre de la Société Française d'Archéologie, dans laquelle on peut lire: "... Tout d'abord un autenthique vitrail médiéval serti dans l'oculus au sommet de la grande fenêtre du cour. C'est probablement un des plus beaux vitraux de la Seine et Marne. Il représente une crucifixion, il a été classé monument historique, et daté hélas du XVIème siècle. Pour ma part, je n'hésite pas à le dater du XIVème siècle pour de multiples raisons ..." Suit une énumération de détails techniques, à savoir : au XIVème siècle, les plombs confectionnés au rabot et non au tire-plomb, étaient plus grossiers et répartis d'une manière différente, les verres étaient plus épais, dans une gamme beaucoup moins colorée, et étaient découpés au fer chaud, "...outre la coloration, le dessin parle lui aussi très éloquemment en faveur du XIVème siècle..."
                     C
e vitrail, "La Crucifixion", de 75 cm de diamètre environ,  représente le Christ en croix, nimbe croisée, pieds cloués l'un sur l'autre sur une croix de couleur verte. Au pied de cette croix, le Christ avait à sa droite la Vierge, à sa gauche Saint Jean. Ce vitrail a été classé par les Beaux Arts en 1906. Heureusement,  car déjà par deux fois, en 1856 et en 1875, les fabriciens se proposèrent de remplacer cette oeuvre par un vitrail plus moderne. Des débris de vitraux gris datant du XIV° siècle et déjà remarqués par l'Abbé Lebeuf (1),  occupèrent longtemps les deux baies en ogive.(4). Elles furent cachées  par un retable en menuiserie installé au 17° siècle, et n'ont été dégagées qu'en 1995. Les vitraux ont été restaurés et des travaux ont été réalisés à l'intérieur pour redonner tout son éclat à cet ensemble. Au Sud, une seconde baie identique mais garnie de simples verrières, et un oeil de boeuf représentant une rose des vents, éclairent également le choeur.
                    La nef reçoit la lumière par une fenêtre en arc brisé donnant dans le clocher, et par quatre baies en plein cintre vitrées par des compositions de briques et de verres de couleur, réalisées en 1963 par Henri Martin Granel, maître verrier à Crécy en Brie. Quant-à la chapelle, elle prend le jour par une fenêtre ouverte en arc brisé située au dessus de la porte.
                     Le collatéral est éclairés  par  six fenêtres ouvertes en plein cintre, dont la première est garnie d'un vitrail moderne offert en 1945 par les paroissiens, à la mémoire de l'Abbé Duvet, curé de 1920 à 1944. Ce vitrail représente le baptême de Clovis, et groupe trois personnages: Saint-Rémy, Clovis et Clotilde, sous la protection de la Colombe. Il a été réalisé par Adeline Bony, maître verrier à Paris.
                     L'autel, installé au milieu du chour, est en comblanchien. Derrière, on peut voir deux statues en bois de 125 cm haut. Elles représentent Saint Nicolas à droite et Saint Blaise à gauche. D'après le frère Jean-Baptiste Molin, l'une, Saint Nicolas, serait du
XVI° siècle, alors que l'autre, Saint Blaise, serait du XIV° siècle. Les renseignements nous manquent pour être plus précis, mais il est probable que ces deux statues soient du même auteur et aient été réalisées à la même époque. Avant les récents travaux, ces deux statues encadraient un tableau représentant le Christ en croix, copie d'une oeuvre de Vélasquez faite au XIX° siècle et offerte par l'Empereur  Napoléon  I° (4) Ce tableau est  à présent accroché  dans la nef.
                     Les fonts baptismaux en marbre, de forme ovale avec deux anses, reposant sur un pied en bois et datant du
XVIII° siècle, ont été remplacés récemment par un chaudron en cuivre. Au dessus de la tribune, on peut voir un Christ entre deux statues en bois, datant probablement du XVII° siècle.
(2)
                     Dans la nef, la chaire à prêcher, datant du
XVI° siècle, à également été classée en 1906. Composée de 5 panneaux en chêne sculpté, elle est ornée de fleurs de lys, mutilées au moment de la Révolution. A gauche de l'entrée, on trouve une statuette de Saint Sébastien en bois sculpté, datant probablement du début du 16° siècle. Cette statuette a été classée en 1957.
                     Une petite peinture sur cuivre, "l'adoration des Bergers", ainsi que deux petit tableaux anciens, ont été mis en sureté au Prieuré Saint Martin. Cette peinture représente la Sainte-Vierge assise, portant sur ses genoux l'enfant Jésus, et recevant les hommages d'un enfant et d'un berger qui vient de déposer un agneau à ses pieds. Ce tableau semblant dater du
XV° siècle a été offert par le Baron de Bussièrre.
                     Au milieu du chour, au sol, on peut voir une dalle de 198 x 95 cm représentant deux personnages dont la partie supérieure a également été complètement effacée au ciseau pendant la Révolution. Elle représente les effigies du lieutenant général de la Châtellenie de Tournan et de sa femme. Cette dalle est noyée dans une partie du carrelage ancien réparé en 1736 par le curé Chapeau.
                     Dans le collatéral, nous trouvons un ex-voto en pierre sculptée, à la mémoire de Louis Mathieu Décasse, capitaine d'artillerie, tué au siège de Sébastopol le 7 juin 1856, à l'âge de 32 ans. On y trouve également le tombeau  du Maréchal Augereau. Le monument, une stèle double en pierre et marbre, surmontée par deux cintres où des armoiries sont gravées, fut ramené dans l'église lors de la désaffection du cimetière où il était au pied du chevet . On peut y lire cette épitaphe: "Charles Pierre François Augereau, maréchal et pair de France, duc de Castiglione, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, grand croix de la Légion d'honneur, grand dignitaire de la couronne de fer, grand cordon de l'ordre de Charles
III, né à Paris le 27 octobre 1747, décédé en son château de La Houssaye de 12 juin 1816."  Ce monument a été classé en 1906.
                     Des réparations importantes, mentionnées au registre de l'état civil, ont été faites au clocher et à la chapelle en 1690, et dans l'intérieur en 1736, celles-ci aux frais du Curé comme l'indique l'extrait du livre de la Fabrique du moment: 
"Dans le courant de 1736, j'ay fait réparer le pavé de l'église qui était tout dégradé aussi bien que les murs qui ont été crépis et enduits au dedans de l'église, avec mortier de chaux et grès. Il m'en a coûté pour le tout 230 livres. Nota - Le choeur a été réparé et recarlé à mes dépens, mais seulement jusqu'au cintre de la voûte qui sépare le dit choeur de la nef où est le Crucifix, et non plus loin ... Cette observation est  nécessaire pour mes successeurs qui ne peuvent être obligés qu'aux réparations du choeur tel qu'il était autrefois et qui ne va que jusqu'aux piliers qui ferment la chapelle de la Saint Vierge d'un côté et celle du Seigneur de l'autre... On voulait m'obliger aux réparations du clocher. Je me suis défendu par la différence cy dessus marquée."                     Signé: Chapeau, curé. (3)
                     D'après Maurice Lecomte
(4), une partie de ces travaux fut payée par les habitants, qui coupèrent et vendirent 72 ormes du cimetière et 30 baliveaux sur un arpent de taillis communal. De tous temps, et aussi loin que remontent les archives, l'état de dégradation de l'église fut une préocupation constante. Au budget de l'année 1808, on peut lire: "Réparations à l'église: 50 francs". En 1840, on lit:"Grosses réparations à l'église: 292 francs". En 1851, on trouve au budget additionnel: "Imposition extraordinaire pour réparations extraordinaires à faire à l'église: 300 francs votés en premier acompte, le devis s'élevant à 1465 francs."  Des réparations importantes furent faites au clocher en 1891 et  sur la toiture entre 1910 et 1915. (5) Une étude est actuellement en cours pour la réfection de la toiture et du ravalement.
                     En 1790, la fabrique de l'église possédait en immeuble un presbytère, une maison servant d'école et de demeure au clerc d'église (il s'agit de la "maison rustique" sur la place du village) et de 30 à 35 arpents de terres labourables, prés et bois. Au revenu qu'elle retirait de la location de ses terres, s'ajoutaient, en dehors du produit des quêtes et des dîmes, certaines redevances ou rentes dont étaient grevées, peut-être par suite de legs, quelques maisons et autres immeubles de la paroisse.
                     La fabrique eut à lutter, à divers époques, contre les seigneurs de la localité,  et même contre les habitants, pour la conservation de ses revenus et de ses biens. En 1683, Nicolas Lenormand, Sire de Beaumont, seigneur de La Houssaye, et Salanis, Seigneur des Bossus, disputent la dîme au curé. Des extraits du livre de la fabrique nous renseignent sur les difficultés rencontrées par les curés Delescluse, Chapeau, Lesage et Bellet, entre 1705 et 1790, pour récupérer le produit des rentes, dîmes et locations dues à la fabrique.
(3) La maison qui servait de presbytère avant la révolution et appartenait à la fabrique, est aujourd'hui enclavée dans le parc du château. Le registre de la fabrique nous apprend qu'elle fut bâtie en 1706. (3) "C'est aussi dans cette année qu'il fut fait et basty un presbytère aneuf defond encomble avec cour et jardin ny en aiant jamais eu dans cette paroisse ordonné  par arest du Conseil d'Etat du Roy du six juin 1706 après des contradictions et des oppositions sans nombre que nous levames par nos soins et nos travaux pour le soulagement de nos habitants et la consolation et repos de nos successeurs. Signé Curé Delescluze.
                     En 1768, le Curé Bellet y adjoignit à ses frais une grange et un hangar, sans doute pour y serrer le produit de ses dîmes: "Le vingt cinq avril de l'an 1768 Pierre Vattau a mis la première pierre à la grange que Messire Bellet son parrein curé de cette paroisse a fait construire à ses frais et dépens ainsi qu'un hangar, remises avec un magnifique grenier par dessus une écurie aussi neuve, une grange pour l'avoine. Dont partie de la charpente neuve et le restant a été retallié, un collombier sur la porte de la dite grange aussi tout neuf, le tout a été fait aux dépens du Sieur Bellet curé. Il prie ses successeurs pour les bons offices qu'il a rendu en leur procurant des logements neufs et considérables pour loger leur récolte de se souvenir de lui dans le St. Sacrifice de la Messe. Les dits batiments sont renfermés dans lancinte du presbytère de La Houssaye."
(3)
                     Ce presbytère, avec toutes ses dépendances, fut vendu  comme bien national le 18 Thermidor An IV par l'administration départementale au citoyen Vallon puis acheté d'un Sieur Loche le 2 Germinal An 12 par Monsieur Brame, aide de camp du Maréchal Augereau. Acheté ensuite par le Maréchal, il fait toujours partie des biens du château.
(3)  Le nouveau presbytère,rue de Bussière, ne fut construit qu'en 1862. Celui-ci fut désaffecté en 1944 et servit de logements à des habitants de La Houssaye dans le besoin. En 1957, le Conseil Municipal décida d'en faire le secrétariat de la Mairie. Après la construction de la nouvelle mairie, en 1995, le bâtiment fut vendu à un particulier.
                     Dès 1793, le curé de La Houssaye et son confrère de Neufmoutier desservirent alternativement l'église des Chapelles-Bourbon.
(4)
                     Culte particulier : 26 Juillet -
SAINT MARTIN

                            Après 10 mois de réflexion, de préparation et de travail, le 3 octobre 1943, les Frères Missionnaires des Campagnes ont été fondés à La Houssaye par le Père Epagneul. Le Prieuré Saint Martin a été confirmé le 2 octobre  1949. Le 26 juillet 1947, Le Prieuré des Frères Missionnaires des Campagnes reçoit une Relique du Saint obtenue de Tours et apportée à pieds par les Frères qui firent station, sur le parcours, dans les églises dédiées à Saint Martin. A Fontenay-Trésigny, un triomphal cortège s'organisa. Derrière, suivaient des Prélats, des prêtres et des fidèles en très grand nombre. On se rendit ainsi à La Houssaye où l'on joua, sur un théatre de verdure: "l'Apôtre" et où l'on chanta le "Té Deum". (8)

                                                                                                                                        Serge Randon - Mai 1997

        NOTES                                               

(1) - Histoire du Diocèse de Paris - Tome 14 - par l'Abbé LEBEUF  (1758)
(2) - La Houssaye en Brie - Village de France - Louis Marie HORRIE (1973)
(3) - Monographie communale établie par l'instituteur FONTAINE en 1888
(4) - Almanach historique, topographique et statistique de Seine et Marne - 1915/1916 - Maurice LECOMTE
(5) - Archives communales
(6) - Entre 1997 et 2000, grâce à la volonté du conseil municipal et à des échanges de terrains entre la commune et le propriétaire du château, la place du village a pris un nouvel aspect, regroupant la mairie, l'église et la poste, avec une vue magnifique sur le château.
(7) - Maurice Lecomte (4) - Si ces faits sont exacts, et si cette famille se reconnait et a toujours  des attaches dans notre vilage, nous serions très heureux  de la rencontrer. Les Amis de La Houssaye.  
(8) - Les Cultes Populaires dans l'actuel Diocèse de Meaux - Roger LECOTTE - 1953

                   
            Haut de page